De la restauration et de la monarchie élective

Morceaux choisis

Une question obligeante m’a été faite à diverses reprises dans les feuilles publiques. On a demandé pourquoi je refusais de servir une révolution qui consacre des principes que j’ai défendus et propagés.
Je n’avais pas oublié cette question, mais je m’étais déterminé à n’y pas répondre ; je voulais sortir en paix du monde politique, comme je sors en paix du monde littéraire dans la Préface du grand ouvrage…

…les partis se trouveront plus ou moins froissés : je n’en caresse aucun ; je dis à tous des vérités dures. Je n’ai rien à ménager : dépouillé du présent, n’ayant qu’un avenir incertain au delà de ma tombe, il m’importe que ma mémoire ne soit pas grevée de mon silence.

Il existe deux sortes de révolutionnaires ; les uns désirent la révolution avec la liberté : c’est le très petit nombre ; les autres veulent la révolution avec le pouvoir : c’est l’immense majorité.

Nous marchons à une révolution générale : si la transformation qui s’opère suit sa pente et ne rencontre aucun obstacle ; si la raison populaire continue son développement progressif ; si l’éducation morale des classes intermédiaires ne souffre point d’interruption, les nations se nivelleront dans une égale liberté ; si cette transformation est arrêtée, les nations se nivelleront dans un égal despotisme. Ce despotisme durera peu, à cause de l’âge avancé des lumières, mais il sera rude, et une longue dissolution sociale le suivra. Il ne peut résulter des journées de juillet, à une époque plus ou moins reculée, que des républiques permanentes ou des gouvernements militaires passagers, que remplacerait le chaos. Les rois pourraient encore sauver l’ordre et la monarchie en faisant les concessions nécessaires : les feront-ils ? Point ne le pense.

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Jean-Marie Pouliquen Écrit par :

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